Voila 3 semaines que le bateau nous a quitté…et nous attaquons ce pourquoi nous sommes venu: l’hivernage. Une nouvelle aventure commence, immobile au cœur de l’hiver austral.
Depart Astro
Se retrouver à 29 après l’agitation de l’été fait un bien fou. Le rythme change et l’on prend le temps de se connaitre entre nous, finalement. Les repas sont plus calmes, posés et l’on traine autour d’une bière ou d’un petit pisse mémé, et j’aime cela. Et pour bien commencer l’hiver, rien de mieux qu’une petite soirée playa (on était dehors juste pour la photo, c’est juste en chemise dans le coin).
Le tout avec un petit vent du sud bien frisquet…
En trois semaines, on commence aussi à ressentir les petites tensions dues à la promiscuité et il faut rester bien peace ! Ne vous inquiétez pas, rien de grave… ;) c’est même plutôt bon signe. Je pense qu’après une telle expérience on devient beaucoup plus stoïque. Moi qui suis quand même un peu sanguin de temps en temps, j’arrive à me surprendre par mon calme dans certaines situations. Enfin on verra dans huit mois.
Il faut aussi apprendre à occuper son temps libre. Il y a bien toujours des choses à faire sur la base, et heureusement. Mais je pense qu’il est important de prendre du temps pour soi, se construire des projets ici à long terme : sentir une progression. L’esprit humain, tout du moins le miens, ne semble pas, habitué à rester un temps relativement long au même endroit. C’est assez étrange de se lever tout les matins au même endroit, avec les mêmes gens, dans un paysage qui évolue, mais doucement. L’Antarctique permet se voyage immobile, où appréhension et fascination se mélange.
Un phrase de Jean Louis Étienne me semble bien appropriée pour décrire tout cela, « la lenteur de l’hivernage polaire est un chemin de sagesse ; avoir du temps pour soi et être présent où l’on est ». A voir pour la sagesse que j’en retirerai… J. En tout cas, le terme lenteur semble bien coller à hivernage et comme vous pouvez le voir, je ne suis pas très rapide à l’écriture de quelques nouvelles lignes pour le blog.
Voici les toutes dernières photos de la campagne d’été, lors de la manip phoques avec la belle petite équipe de Biomar (tout les petits biolo du coin et moi, le glacio).
On part au boulot avec notre Taxi local, il y a pire…bon je reconnais, ce n’est pas super écolo mais que c’est bon un petit vol en hélico (et de toute manière on était obligé de faire un repérage, elle à bon dos la science ;) )
La fine équipe sur la route des phoques, petit arrêt au bord du glacier de l’astrolabe.
On avait bien repéré le groupe vu du ciel, mais ils semblent se cacher…
Il ne serait pas derrière ce glaçon ???
Et bien si, c’est bon je les ais trouvé, au boulot les cocos.
A vrai dire ce n’était pas très facile de leur poser la puce sous cutanée, s’occuper d’un bestiau de 300kg sur une banquise super glissante, ce n’est pas simple, c’est même bien sport !
Le traditionnel petit gouté sur la banquise après la manip, bien relax. Ces photos ont été prises fin février et c’était une des dernières fois que l’on pouvait se poser tranquille au soleil sur la banquise. Maintenant, la banquise s’est fracturée avec l’arrivée des tempêtes automnales et ça commence à vraiment cailler !
Encore une dure journée de travail s’achève en Terre Adélie…pas si pire comme on dit par chez nous.
Le retour du froid, des tempêtes, de la nuit, du Empereurs, du Yéti…euh non pas lui ; est aussi signe d’aurore. Nous avons aperçu la première le 3 mars, mais comme le dit Agnès c’était un bébé aurore. Le deuxième par contre était bien classe et y’a pas à dire, ça vos le coup de sortir de son lit pour aller se planter le nez dans les étoiles. Il y a une chose fantastique avec les aurores, elles sont en perpétuel mouvement, c’est incroyable ! Je comprends pourquoi les Inuits leurs donnaient un pouvoir mystique et les craignaient. Il est particulièrement étrange d’observer une lumière sortit de nulle part et onduler entre les étoiles, voyage aux pays des rêves pour grands et petits.
Les chaudes nuits de Terre Adélie…
Le rayon vert qui monte vers le ciel est le Lidar de Guillaume. Ce laser permet de faire un profil des aérosols (microparticules en suspensions dans l’air) sur toute la troposphère (première couche de l’atmosphère., située entre 0 et 10km environ) . Il mesure aussi les concentrations en Ozone dans la stratosphère (la deuxième couche atmosphérique, entre 10 et 50km). C’est dans cette couche que se produit le fameux trou d’ozone, dangereux pour la vie car l’ozone stratosphérique nous sert de crème solaire et nous protège des rayonnements nocifs du soleil (UVc et b).
Je parlerai un peu plus de cela un des ces quatre, car l’étude de tout ces phénomènes atmosphériques est mon job sur DDU.
Coup de vent sur DDU avec une mer en furie. Il ne fait plus très bon être dehors sans la cagoule, alors on fou la cagoule. Certainement une des dernières photos avec de l’eau liquide…on passe sous les -15°C, tchao l’été…
La vue depuis le salon de thé J de notre labo, avec une mer sans banquise…et un petit manchot sur son nid.
Le printemps arrive en France, j’ai même entendu dire qu’il était déjà là. Profitez bien de la belle saison et de la verdure qui renait…ici, c’est blanc !
Gros bisous à tous
Nico





























































